Jeudi 7 juin 2018

Dans la jungle, terrible jungle (Amos 1,1-2 et 3,3-8)


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Ainsi donc Dieu rugit. Et il n'est qu'un prophète-éleveur de Teqoa pour l'entendre. Est-ce parce qu'un éleveur est bien placé pour connaître la dangerosité d'un tel félin? Parce qu'il sait qu'aucune de ses bêtes ne saurait se défendre contre une telle attaque, et lui-même pas davantage! Il y a dans cette image de Dieu quelque chose d'une sauvagerie, d'un indomptable. Ainsi cet Amos semble nous dire ici: « Le Dieu qui s'exprime dans ce rugissement ne saurait être dompté par un quelconque arrangement. Assez de croire que tout reste négociable... Vous connaîtrez par ma bouche un Dieu sauvage et il n'y a personne pour l'arrêter dans sa fougue si ce n'est lui-même. » Ce rugissement de Dieu, manifestation absolue d'une force absolue, désigne la réaction du Dieu biblique face à l'engourdissement dans le mal et l'injustice. Il est de l'ordre de ce tremblement de terre qui semble consécutif aux paroles du prophète. C'est ce que Dieu fait quand « il n'en peut plus ». Si, par le Christ, nous vivons sous l'horizon du pardon, gardons-nous d'oublier que c'est ce même Dieu qui pardonne qui pourrait aussi nous déchirer en pièces.

Alexandre Winter

Prière: « Avec le fidèle, tu es fidèle, avec l'homme intègre, tu es intègre; avec le pervers tu es retors » (Ps 18,26-27). Alors quoi? Nous ne voudrions entendre que ce qui nous fait plaisir? Seigneur, au moment de nous mettre à l'écoute d'Amos et de sa parole de feu, garde-nous d'être complaisants avec nous-mêmes et fais de nous un bois qui peut encore prendre.  

Référence biblique : Amos 1, 1 - 3, 8

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