Vendredi 19 avril 2019

En présence de quelques femmes (Matthieu 27,45-56)


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Un cri. Des bruits. Puis ce silence de quelques femmes. Angoisse. Curiosité. Panique. Et cette présence de quelques femmes. Talent de l’évangéliste: dans le cri de l’homme abandonné, il met les premiers mots du psaume 22. Au plus profond de son angoisse, c’est encore à Dieu que le croyant en appelle. Talent de l’évangéliste: pour dire le chamboulement intérieur éprouvé ici par ses lectrices et lecteurs, il convoque le langage apocalyptique, si courant à son époque. Ce qui se joue dans la mort de Jésus concerne au plus profond ce que l’on appelait alors le jugement dernier, manière de suggérer qu’à Dieu seul appartient le dernier mot sur tout ce qui se passe, si bouleversant cela soit-il pour les habitants du monde et leurs religions. Talent de l’évangéliste qui laisse entrevoir une confession de foi dans ce qui n’est que le constat d’un centurion estimant que cet homme mort était un homme de valeur. Talent de l’évangéliste: quelques femmes sont présentes, à distance certes, mais bien présentes. On les retrouvera demain, puis dimanche et lundi. Fidèles. Témoins d’une mort, elles voudront en assumer les rites traditionnels. Sans le savoir encore, elles deviendront porteuses d’une bonne nouvelle.

Jacques Küng

Prière: Cantique" PsC" n° 39;" Alléluia" n° 77 Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné? Seigneur, que mes cris d’angoisse puissent être habités par les mots des psaumes, jusqu’à retrouver l’espérance au bout des plus longs silences.  

Référence biblique : Matthieu 27, 45 - 56

Commentaire du 20.04.2019
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